Une étude de la BCE révèle la faille de la stratégie du quantitative easing

Une étude de la BCE révèle la faille de la stratégie du quantitative easing

Une étude menée par la BCE explique l’échec majeur de sa stratégie de quantitative easing. En effet, le QE ne résout pas le problème principal des entreprises : la faiblesse de la demande.

Article original publié sur qe4people.eu, traduction par Nicolas Teterel

Le BCE a souvent justifié son colossal programme de quantitative easing (QE) par le fait que cette politique améliore les conditions de financement pour les entreprises. En poussant les taux à la baisse, le QE abaisse les coûts de financement des entreprises et des citoyens auprès des banques, ce qui est censé aider les acteurs économiques à emprunter aux banques.

Mais est-ce que cela est bien le principal problème auquel font face les entreprises, et notamment les PME ?

Dans son étude « Survey on the access to Finance of Enterprises » (SAFE), la BCE essaie précisément d’identifier les obstacles majeurs à la croissance des entreprises.

Dans sa plus récente édition, l’étude de la BCE révèle de nouveau que contrairement aux objectifs de la BCE, l’accès au financement est le cadet des soucis de la plupart des entreprises de la Zone Euro. En revanche, « Trouver des clients » est le principal problème des entreprises (pour 26 % des entreprises sondées):

« L’accès à un financement », en revanche, reste la préoccupation la moins importante des entreprises (9%). Seuls les PME Grecques restent affectées par le manque de prêts de la part des banques (27% en Grèce).

Pour être juste, il est vrai que la BCE peut arguer que le QE (et les taux d’intérêt négatifs) ont réussi à améliorer les conditions de financement. Les conditions de financement se sont homogénéisées dans l’ensemble de la Zone Euro et toutes les études de la BCE montrent que les conditions d’accès au crédit s’améliorent pour les PME.

Un problème de demande

Mais les résultats de la plus récente étude de la BCE sont clairs. Le QE ne permet pas d’adresser le problème numéro un des entreprises. L’étude révèle un défaut de conception majeur dans le programme quantitative easing (de 2000 milliards d’Euros) et confirme toutes les critiques qui se sont dressées depuis longtemps à l’encontre de la façon dont ce programme a été conçu.

Le fondement théorique du QE se base sur une conception erronée de l’économie qui ignore complètement l’importance de la demande. La BCE se range dans le camp de la théorie de l’offre, qui part de l’hypothèse que la première contrainte des entreprises est le manque de financement. Selon cette approche, les entreprises sont soit-disant prêtes à investir et à embaucher plus de travailleurs, mais elles sont bloquées par manque de financement. Selon la théorie de l’offre, il faut donc faciliter l’accès aux emprunts des entreprises.

Mais la portée de cette théorie est très limitée. Si les entreprises veulent vendre, il faut bien qu’il y ait des consommateurs avec un pouvoir d’achat en face. Nul besoin d’être économiste pour comprendre que les entreprises auront du mal à vendre si les citoyens ont peu de pouvoir d’achat, où sont massivement au chômage.

Les entreprises n’ont pas de difficulté particulière à gérer leurs dettes, ou à financer leurs productions où leurs investissements grâce à des prêts bancaires. Ce que suggère l’étude de la BCE, c’est que le problème est que la demande est morose.

Il est assez clair que les entreprises ont besoin de plus de demande dans l’économie (Elles ont besoin de pouvoir vendre davantage de marchandises et services). Les gouverneurs de la BCE doivent considérer des façons plus efficaces et plus directes de stimuler la demande. La meilleure façon d’y parvenir et de distribuer un dividende directement sur les comptes bancaires de chaque citoyen ou bien en fléchant sa création monétaire vers des investissements de développement durable.

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Coordinateur européen de la campagne.

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