41 députés européens alertent la BCE contre son manque de transparence

41 députés européens alertent la BCE contre son manque de transparence

En se déclarant opposé à plus de transparence sur les rachats de 83 milliards de dettes d’entreprises par la BCE, Mario Draghi a provoqué un mécontentement sans précédent des députés Européens.

Traduction par Nicolas Teterel.

Lundi 29 Mai dernier, le patron de la banque centrale Européenne s’est rendu devant la commission économique du Parlement Européen pour son audition trimestrielle (appelée « dialogue monétaire »).

Le député Catalan Ramon Tremosa a profité de cette opportunité pour interroger Mario Draghi à propos d’une question qui lui a été adressée dans une lettre signée initialement par 14 de ses collègues députés qui avait été transmise au Financial Time il y a deux semaines. Dans cette lettre, les députés appellent la BCE à mettre en place une série de mesures visant à améliorer la transparence vis-à-vis du programme d’achat des dettes grandes multinationales Européennes (programme CSPP).

41 députés plaident désormais pour plus de transparence

En réponse au député Catalan, Mario Draghi a refusé de prendre les mesures nécessaires à plus de transparence dans ce programme CSPP. Il a délégué cette responsabilité aux 6 banques centrales nationales qui participent à ce programme. Cela a provoqué une vive déception au sein du parlement Européen, incitant 26 nouveaux députés à se joindre à l’initiative en signant également la lettre envoyée à la BCE. Désormais, pas moins de 41 députés ont signé cette lettre : un record pour ce genre d’initiative.

« Chaque banque centrale nationale peut décider de révéler ou non plus d’informations » a déclaré Mario Draghi. « Nous sommes d’avis que les informations délivrées par les banques nationales sont suffisantes » ajoutant « nous ne voyons aucune raison de centraliser ces publications qui sont entièrement entre les mains des banques centrales nationales. »

D’autre part, Mario Draghi a déclaré : « Nous ne publierons pas les guidelines ou les volumes d’achat car cela pourrait encourager l’activité de marché, ce qui pourrait gêner nos objectifs. »

Vous pouvez retrouver les déclarations de Mario Draghi sur cette video :

Une longue controverse qui grandit

Le programme de rachats de dettes privées est une partie marginale de la stratégie globale du programme quantitative easing (90 milliards sur 1800 en tout), mais c’est clairement la plus controversée. Les récentes recherches montrent que le programme d’achat de dettes d’entreprises privées subventionnent le secteur des énergies fossiles, confirmant nos mises en gardes préliminaires contre ce programme.

En février, 75 ONGs Européennes ont signé notre lettre ouverte remettant en question le programme de la BCE. Nous plaidons en faveur d’une politique monétaire plus appropriée, en adhésion avec l’engagement de l’UE face au changement climatique.

Les députés Européens ont raison de se mobiliser. Ils devraient même aller plus loin en vérifiant si la transparence de ce programme devrait légalement sur la responsabilité des banques centrales nationales (comme Draghi le laisse entendre) ou bien de la BCE.

Si la BCE est certaine que son programme est justifié et correctement conçu, plus de transparence ne devrait pas être perçu comme un problème pour Francfort. La stratégie de la BCE est contre-productive : en refusant de dévoiler les montants de ses investissements dans les multinationales européennes, la BCE alimente les critiques contre elle.

Ce poste a été rédigé par
Coordinateur européen de la campagne.

Un commentaire on "41 députés européens alertent la BCE contre son manque de transparence"

  • Nicolas dit

    Les députés Européens doivent se mettre en alerte face aux dérives de la BCE. Les Grandes multinationales n’ont pas besoin de coûts de financement encore plus faibles. Où est la justice face aux petites et moyennes entreprises? Où est la justice face au changement climatique.

    Pour la survie de la Zone Euro, les députés Européens doivent se saisir de la question monétaire et commencer à imaginer les solutions face à l’endettement massif.

    Il est temps que les citoyens reçoivent de l’argent directement de la part de la banque centrale Européenne au lieu de financer les banques casinos et les multinationales.

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